Comment devenir sexologue ? Formation, parcours et réalité du métier
Quand on s’intéresse depuis longtemps à la sexualité, aux relations humaines, à la psychologie ou à l’accompagnement, une idée peut finir par émerger : et si j’en faisais mon métier ?
Et c’est souvent là que les questions commencent.
Faut-il être médecin ou psychologue pour devenir sexologue ? Peut-on se reconvertir en sexothérapie lorsqu’on vient d’un tout autre métier ? Quelle formation suivre ? Combien de temps faut-il pour se former ? Et quelle différence existe-t-il entre sexologue, sexothérapeute et psycho-sexologue ?
Il n’existe pas un parcours unique pour travailler autour de la sexualité. Les personnes qui exercent dans ce domaine peuvent avoir des formations initiales et des parcours très différents.
Mais derrière la question « comment devenir sexologue ? », il y en a selon moi une autre, beaucoup plus importante :
De quoi avons-nous réellement besoin pour être capable d’accompagner une personne autour de sa sexualité ?
Faut-il être médecin ou psychologue pour devenir sexologue ?
Non. Travailler autour de la sexualité n’est pas réservé aux médecins ou aux psychologues.
Certain·es professionnel·les arrivent à la sexologie après une première formation dans le domaine de la santé, de la psychologie, du social ou de l’accompagnement. Iels viennent alors compléter des compétences déjà acquises par une formation en sexologie.
D’autres souhaitent au contraire devenir sexologue ou sexothérapeute dans le cadre d’une reconversion professionnelle.
La situation n’est évidemment pas tout à fait la même.
Un·e psychologue, un·e infirmier·ère, un·e sage-femme ou un·e éducateur·rice spécialisé·e possède déjà, grâce à son parcours initial, certaines connaissances ou compétences qui pourront lui être utiles dans l’accompagnement.
Lorsqu’on vient d’un domaine complètement différent, il faut également apprendre le métier d’accompagnant·e.
Cela ne signifie pas qu’une reconversion n’est pas possible. Cela signifie simplement que tout le monde ne part pas du même endroit et que la formation choisie doit en tenir compte.
Il faut également respecter le champ d’exercice des professions réglementées : suivre une formation en sexologie ne permet évidemment pas de devenir médecin ou psychologue ni d’exercer les actes réservés à ces professions.
🎧 À écouter également : Peut-on devenir sexothérapeute sans être psychologue, médecin ou déjà déjà professionnel·le de l’accompagnement ? #98
Dans cet épisode de Psycho Sexo, j’aborde plus précisément la reconversion vers la psycho-sexologie lorsqu’on ne vient pas initialement du monde de l’accompagnement.
Sexologue, sexothérapeute, psycho-sexologue : quelles différences ?
C’est probablement l’une des premières difficultés lorsqu’on commence ses recherches : on rencontre plusieurs appellations, sans toujours savoir ce qu’elles recouvrent.
Dans les faits, les personnes qui utilisent le terme sexologue peuvent avoir des parcours très différents.
Certaines exercent déjà une profession dans le domaine médical ou psychologique et se sont ensuite formées à la sexologie. D’autres ont suivi un cursus dans une école privée afin d’en faire leur activité professionnelle.
Le terme sexothérapeute est lui aussi fréquemment utilisé dans le cadre de formations privées. On le retrouve notamment à l’issue de formations relativement courtes, qui peuvent parfois durer quelques semaines, quelques mois ou une année.
Cela ne signifie pas que tou·tes les sexothérapeutes ont suivi une formation courte. Cela montre surtout une chose : l’intitulé professionnel utilisé ne suffit pas à connaître le parcours et le niveau de formation d’une personne.
La psycho-sexologie met davantage l’accent sur les interactions entre la sexualité et les dimensions psychiques, émotionnelles, corporelles et relationnelles de la personne.
À l’EIPSHO, nous avons également fait le choix d’intégrer fortement sexologie et psychotraumas, parce qu’il me semble difficile d’accompagner certaines problématiques sexuelles sans comprendre ce qui peut se jouer au niveau émotionnel et traumatique.
Attention également à ne pas confondre sexothérapeute et psychothérapeute. L’usage professionnel du titre de psychothérapeute est, lui, réglementé en France et soumis à des conditions spécifiques.
Finalement, plutôt que de s’arrêter au titre utilisé, mieux vaut regarder la formation réellement suivie, sa durée, son contenu, la pratique du·de la professionnel·le et son expérience.
Que faut-il apprendre pour devenir sexologue ou sexothérapeute ?
Bien évidemment, se former en sexologie implique d’acquérir des connaissances approfondies sur la sexualité et ses différentes problématiques.
Selon les cursus, une formation pourra notamment aborder :
- le désir sexuel ;
- le vaginisme et les dyspareunies ;
- les difficultés d’érection ;
- l’éjaculation précoce et l’anéjaculation ;
- les difficultés ou l’absence d’orgasme ;
- le fonctionnement anatomique et physiologique ;
- le rapport au corps ;
- les croyances et représentations autour de la sexualité ;
- certaines problématiques autour de la pornographie ou des comportements sexuels ;
- la sexualité au cours de la vie ;
- le couple et la relation.
Mais connaître les problématiques sexuelles ne suffit pas nécessairement pour savoir les accompagner.
Une personne n’arrive jamais dans un cabinet avec seulement « une baisse de désir », « un vaginisme » ou « une difficulté d’érection ».
Elle arrive avec son histoire, ses relations, ses expériences, son rapport au corps, ses émotions, ses croyances, son éducation, son contexte de vie et parfois ses traumatismes.
Derrière un symptôme sexuel peuvent également apparaître une dépression, une anxiété importante, des idées suicidaires, des violences passées ou actuelles, une grande détresse émotionnelle ou des problématiques relationnelles complexes.
C’est pour cela qu’une formation professionnelle en sexologie destinée à apprendre véritablement l’accompagnement ne peut, selon moi, se limiter aux problématiques sexuelles.
Il faut également apprendre à accompagner l’humain qui les vit.
🎧 Pour aller plus loin : Accompagner les problématiques sexuelles : ce qu’une formation doit aussi transmettre #97
J’y développe notamment la place des émotions, des psychotraumatismes, des outils thérapeutiques et de la posture professionnelle.
Connaître la théorie et savoir accompagner sont deux choses différentes
L’impact des applications de rencontre
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Les applications de rencontre représentent un moyen essentiel pour de nombreuses personnes LGBTQIA+ de se connecter et de rencontrer des partenaires. Cependant, elles véhiculent également des attentes spécifiques qui peuvent générer des frustrations. Certaines applications sont très sexualisées, ce qui peut être problématique pour des personnes recherchant autre chose qu’un simple rapport sexuel. Il est donc essentiel de bien choisir l’application en fonction de ses attentes et de ne pas hésiter à explorer d’autres moyens de rencontre.
Adapter son accompagnement : bonnes pratiques
On peut avoir très bien compris les mécanismes du désir et se retrouver démuni·e lorsque quelqu’un nous demande :
« Vous pensez que je dois le quitter ? »
On peut connaître parfaitement les conséquences possibles d’un psychotraumatisme et vouloir emmener une personne travailler son trauma… alors qu’elle nous dit clairement qu’elle ne souhaite pas aller là.
On peut connaître beaucoup d’outils thérapeutiques sans encore savoir lequel utiliser, à quel moment, ni même reconnaître les moments où ne pas utiliser d’outil est plus pertinent.
C’est là qu’interviennent la pratique, les mises en situation, l’observation, les retours des formateur·rices et l’expérience progressive de l’accompagnement.
Apprendre un métier comme celui-ci ne consiste donc pas uniquement à accumuler des connaissances.
Il faut progressivement apprendre à écouter, questionner, poser un cadre, travailler avec les émotions, manier ses outils, comprendre ce qui se joue dans la relation et prendre conscience de ses propres réactions.
C’est également pour cela que je trouve important qu’une formation ne repose pas uniquement sur des cours enregistrés, même lorsqu’il s’agit d’une formation en sexologie en ligne.
L’enseignement à distance peut transmettre énormément de choses. Mais certains apprentissages demandent aussi de pratiquer et d’être observé·e en train de pratiquer.
Quelle place les psychotraumas occupent-ils dans l’accompagnement de la sexualité ?
Les psychotraumatismes peuvent avoir des conséquences importantes sur la sexualité. Violences sexuelles, violences conjugales, événements traumatiques, expériences médicales difficiles… certains vécus peuvent continuer à se manifester dans le rapport au corps, au désir, au plaisir, à l’intimité ou à la relation à l’autre.
Mais si j’ai choisi de donner une place importante aux psychotraumas dans la formation, ce n’est pas uniquement pour apprendre à repérer et à traiter les conséquences d’un trauma.
Les outils utilisés dans le travail des psychotraumatismes permettent également de travailler avec les émotions.
Or, dans un accompagnement en psycho-sexologie, on rencontre constamment des émotions : peur, honte, culpabilité, colère, tristesse, dégoût, sentiment de rejet, peur de l’abandon, sentiment de ne pas être à la hauteur…
Et ces émotions n’ont pas besoin d’être la conséquence d’un événement que l’on identifierait comme « traumatique » pour avoir besoin d’être entendues, apaisées ou travaillées.
Une personne peut par exemple ressentir une peur intense de ne pas avoir d’érection, une profonde honte de son corps, une culpabilité importante autour de ses désirs ou être submergée par la peur d’être quittée. Il n’y a pas nécessairement derrière chacune de ces émotions un psychotraumatisme à rechercher. Mais il est précieux, en tant que thérapeute, de disposer d’outils qui permettent de ne pas seulement en parler, mais aussi de travailler avec ce qui se passe émotionnellement.
C’est donc aussi pour cela que la formation en psycho-sexologie proposée à l’EIPSHO associe psycho-sexologie et psychotraumas : pour savoir accompagner les vécus traumatiques lorsqu’ils sont présents, mais aussi pour disposer d’une compréhension et d’outils thérapeutiques permettant de travailler avec les émotions qui peuvent émerger au cours d’un accompagnement autour de la sexualité.
Et cela demande aussi du discernement : être formé·e aux psychotraumatismes ne signifie pas chercher un trauma derrière chaque difficulté sexuelle ou chaque émotion.
Peut-on devenir sexothérapeute dans le cadre d’une reconversion ?
Oui.
Ne pas être psychologue, médecin ou professionnel·le de l’accompagnement au départ ne signifie pas qu’il est impossible d’apprendre ce métier.
Mais une reconversion demande d’accepter une réalité : vous êtes en train d’apprendre un nouveau métier.
Être passionné·e par la sexualité est un excellent point de départ.
Avoir beaucoup lu aussi.
Être la personne à qui tous vos proches viennent parler de leur couple ou de leur sexualité peut révéler certaines qualités relationnelles.
Mais être à l’écoute de ses ami·es et mener un accompagnement professionnel sont deux choses différentes.
La posture, le cadre, l’éthique, la relation d’accompagnement et les outils thérapeutiques s’apprennent.
L’expérience de vie peut en revanche devenir une vraie richesse.
Une personne qui se reconvertit à 35, 45 ou 55 ans ne repart pas de zéro : elle arrive avec son parcours professionnel, ses expériences, ses compétences, ses réussites, ses erreurs et une certaine connaissance de l’humain.
L’enjeu est ensuite de transformer tout cela en compétences professionnelles.
À l’EIPSHO, une expérience préalable de l’accompagnement est demandée. Elle peut avoir été acquise dans un emploi, lors de stages, par des formations antérieures ou grâce à d’autres expériences pratiques dans la relation d’aide, le soin, le social, le médico-social, la psychologie, la thérapie ou l’accompagnement.
Combien de temps faut-il pour se former en sexologie ?
Il n’existe pas une durée magique à partir de laquelle quelqu’un deviendrait soudainement compétent·e.
Il est possible d’apprendre énormément de connaissances en quelques mois.
Mais avoir appris n’est pas encore avoir intégré.
Il faut du temps pour pratiquer, se tromper, recevoir des retours, comprendre ce que l’on aurait pu faire différemment, reprendre un apprentissage avec un autre regard, travailler sur soi et développer progressivement sa propre posture.
C’est aussi avec le temps que l’on commence à mesurer tout ce que l’on ne sait pas encore.
Pour l’EIPSHO, j’ai donc fait le choix d’une formation en sexologie sur 3 ans.
Parce que je ne considère pas qu’une formation courte permette de transmettre et surtout d’intégrer tout ce que j’estime nécessaire pour exercer la psycho-sexologie avec suffisamment de compétences.
La durée n’est évidemment pas le seul critère de qualité d’une formation. Mais lorsque l’objectif est d’apprendre un véritable métier d’accompagnement, le temps d’intégration fait partie de la formation.
🎧 À écouter : « 3 années de formation : à quel moment est-on suffisamment formé pour commencer à accompagner ? »
Dans cet épisode de Psycho Sexo, j’explique plus précisément pourquoi j’ai choisi un parcours de trois ans et ce que signifie, pour moi, être suffisamment formé·e pour prendre la responsabilité d’accompagner quelqu’un.
Peut-on se former à la sexologie à distance ?
Oui, une partie importante des apprentissages peut être réalisée à distance.
Des cours théoriques, études de situations, échanges avec les formateur·rices ou certains exercices peuvent parfaitement trouver leur place dans une formation en sexologie à distance.
Cela permet notamment de se former tout en conservant une activité professionnelle et rend une formation en sexologie francophone accessible à des personnes qui ne vivent pas à proximité d’une école.
Mais la vraie question n’est probablement pas de savoir si une formation est « en ligne » ou « en présentiel ».
Il faut plutôt se demander :
Comment cette formation me permet-elle de passer de la théorie à la pratique ?
Comment vais-je expérimenter les outils ?
Comment vais-je être observé·e ?
Comment vais-je recevoir des retours ?
Comment vais-je apprendre à mener réellement un accompagnement ?
C’est pour cette raison que l’EIPSHO associe enseignements à distance, temps d’échange en direct et présentiel.
→ À lire également : Formation en sexologie à distance : comment choisir une formation sérieuse ?
Quelle formation choisir pour devenir sexologue ou sexothérapeute ?
Les cursus sont extrêmement différents : formation sexothérapeute courte, cursus universitaire, école privée, formation en ligne, parcours sur plusieurs années…
Et lorsqu’on débute, il est parfois difficile de savoir ce qui compte réellement.
Je regarderais notamment la profondeur du programme, la durée réelle de la formation, la place de la pratique, l’expérience des formateur·rices, les possibilités d’échange, la supervision, le travail personnel et la manière dont les compétences sont évaluées.
Mais cette question mérite largement un article à elle seule.
→ À lire : Quelle formation choisir pour devenir sexologue ou sexothérapeute ?
🎧 À écouter : « Si je devais choisir aujourd’hui une formation en sexologie, voici ce que je regarderais »
J’y partage les critères que j’utiliserais aujourd’hui si je devais moi-même choisir une école de sexologie.
Peut-on exercer après une formation en sexologie ?
Une formation ne donne pas les prérogatives des professions réglementées que l’on ne possède pas par ailleurs. Par exemple, une personne non médecin ne peut pas exercer les actes réservés à la médecine.
Mais il existe également une question qui dépasse le minimum légal :
Est-ce que je suis réellement suffisamment formé·e pour accompagner quelqu’un ?
Avoir terminé une formation et être compétent·e ne sont pas nécessairement synonymes.
C’est pourquoi je trouve particulièrement importants la pratique, les évaluations, les retours des formateur·rices et le temps nécessaire à l’intégration.
Une attestation indique que vous avez suivi une formation.
Elle ne devrait pas, à elle seule, vous faire oublier la responsabilité que représente le fait d’accompagner une autre personne dans quelque chose d’aussi intime que sa sexualité.
Devenir sexologue : choisir une formation qui prépare réellement au métier
Si vous souhaitez devenir sexologue, devenir sexothérapeute ou vous former à la psycho-sexologie, ne choisissez pas votre cursus uniquement en fonction du titre que vous pourrez utiliser ensuite.
Regardez ce que vous allez réellement apprendre.
Est-ce que vous allez comprendre les problématiques sexuelles ?
Apprendre à accompagner les émotions ?
Comprendre les psychotraumatismes ?
Acquérir des outils thérapeutiques ?
Pratiquer ?
Être observé·e dans votre pratique ?
Recevoir des retours ?
Travailler votre posture et vos propres représentations ?
Et surtout : quel·le professionnel·le cette formation va-t-elle progressivement vous permettre de devenir ?
C’est probablement une question beaucoup plus importante que le titre inscrit sur le certificat à la fin du parcours.
Se former en psycho-sexologie et psychotraumas à l’EIPSHO
L’École internationale de psycho-sexologie holistique et psychotraumas propose une formation professionnelle en psycho-sexologie sur trois ans, destinée aux personnes souhaitant acquérir une formation approfondie à l’accompagnement des problématiques sexuelles.
Le parcours associe notamment psycho-sexologie, psychotraumatismes, outils thérapeutiques, pratique, mises en situation, travail personnel, enseignements à distance et temps en présentiel.